#7 Se sensibiliser au numérique responsable

avec Bela Loto

Publié le 01/03/2019

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Bela a fondé l'association Point de M.I.R, Maison de l'Informatique Responsable qui organise des ateliers et évènements autour de cette thématique.

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Les sujets abordés

  • L'association Point de M.I.R. ?
  • Comment en es-tu venu à créer cette association ?
  • Les ateliers sont à destination du grand public ou des entreprises ?
  • Quelles sont les bonnes pratiques en informatique responsable ?
  • L'impact environnemental de la conception de nos smartphones et de nos ordinateurs ?
  • Y a t-il des techniques pour allonger la durée de vie de nos matériels ?
  • Les mises à jours correctives et les mises à jours évolutives
  • Réinventer le numérique ?
  • Comment fais-tu pour faire prendre conscience aux jeunes attachés à Snapchat et aux vidéos en 4G de l'impact environnemental de ces usages ?
  • Pollution mentale et problème de l'attention
  • Intervenez-vous auprès de techniciens ou de développeurs ?
  • Le festival du film Numérique et Environnement
  • Obsolescence programmée et obsolescence par la méconnaissance
  • Comment tu vois l'informatique dans 10 ans, tu es plutôt positive ou plutôt négative ?

Transcript

Peux-tu nous parler de Point de M.I.R. ?

Point de M.I.R. est une association dont l'objectif est de sensibiliser le grand public aux impacts environnementaux du numérique à travers plusieurs actions notamment des ateliers avec des thématiques un peu différentes : comment allonger la durée de vie de son matériel, maintenance et entretien, pour nous c'est vraiment le nerf de la guerre, et puis connaitre les 3 E : les déchets d'équipements électroniques et électriques

À la base, quelle est ta formation et tes précédents métiers ?

Moi j'ai eu plusieurs métiers, mais en allant vite, on passer au dernier : mon dernier métier en date c'est formateur consultant ou formatrice consultante notamment en bureautique dans le cadre de la formation continue. C'est ce qui m'a amené aussi à m'intéresser de plus près à ce domaine d'activité à savoir que le numérique n'était plus possible pour moi tel qu'il était.

Qu'est ce qui a déclenché cela ?

Ce qui a déclenché cela, effectivement, c'est un moment très précis de ma vie. Il y a quelques années, je n'ai plus la date en tête mais je pense autour de 2012, c'est quand j'ai visionné le film de Coline Tison et Laurent Lichtenstein, "l'Internet la pollution cachée". C'est un excellent documentaire qui permettait de comprendre que le numérique n'était absolument pas immatériel. Et permettait de toucher du doigt la lourdeur des infrastructures sous tendues.

Et donc ça a été absolument un bouleversement total. Ce documentaire parle beaucoup de datacenters. Alors les choses ont beaucoup évolué depuis en termes d'efficience énergétique et autres. Cependant il n'en reste pas moins vrai que l'immatérialité est toujours aussi peu immatérielle que cela. Donc le propos est toujours aussi intéressant, toujours aussi pertinent. Et moi ça a changé ma vie.

Tu parlais d'ateliers, c'est à destination du grand public ou des entreprises ?

Ce sont des ateliers qu'on fait dans la Maison de l'Informatique Responsable, chez nous. Ce sont effectivement des ateliers à destination du grand public. Cela peut être pour les adolescents parce que c'est quand même le public concerné par ces questions. Les adultes à tout âge, les séniors. Mais on fait aussi des ateliers hors les murs c'est à dire on va en entreprise. Cela peut être des grandes entreprises ou des TPE, PME sur place, en général cela dure autour d'une heure et demie et ça permet de sensibiliser les collaborateurs de telles structures sur ces questions là. En général on fait un état des lieux, on rentre un peu dans des chiffres clés ce qui les amène un peu à une conscientisation immédiate.

Et puis ensuite après on arrive à proposer non pas des solutions parce que des solutions il y en a pas dans ce cadre là, en tout cas ce n'est pas le terme que moi j'utilise du tout, c'est plutôt des propositions des incitations à des meilleures pratiques tout simplement.

Quel genre de bonnes pratiques, peux tu nous donner des exemples ?

Des bonnes pratiques ou des meilleures pratiques, il y en a dans différents sous domaines. Il va y avoir des bonnes pratiques dans l'impression, dans la gestion de l'énergie de son matériel, dans la navigation, dans la messagerie, allonger la durée de vie de son matériel. Le premier éco geste à retenir c'est celui là. C'est le plus difficile à mettre en place malheureusement mais c'est celui qui est vraiment le plus important. Et donc on apprend à voir comment on peut arriver à allonger cette durée de vie. Ce n'est pas évident. Via l'entretien, la maintenance. Et puis on apprend aussi à voir si on peut éventuellement se passer d'acheter. On peut louer. Si on a réussi à faire durer deux ans en plus du coup on passe pas par la case achat. Donc on se pose des questions sur l'acquisition.

L'impact environnemental de nos smartphones, nos ordinateurs, cela représente combien de % lors de la phase de conception ?

En fait on considère qu'il y a trois étapes de cycle de vie principales : extraction / fabrication, usage et fin de vie. Et l'étapes en question, extraction / fabrication, c'est à peu près 60 à 70%. Donc dès qu'on a acquis du matériel neuf, boum, notre dette est déjà là.

Et puis on peut faire très attention aussi à la fin de vie. Soit ralentir déjà l'échéance de la fin de vie donc allonger le matériel. Et puis ne pas mettre le matériel qui serait HS au mauvais endroit. Prendre connaissance des collectes qui sont proposées par les services publics, par Point de M.I.R. aussi, en passant, on a quelques centaines de kilos récoltés. Et puis prendre bien conscience qu'on ne jette pas du matériel dans la rue. Cela se fait quand même beaucoup à Paris et même aussi dans les quartiers bobos.

Il y a des éléments techniques pour allonger la durée de vie ? On sait par exemple pour les smartphones quand on met à jour l'OS, ça rame.

Alors c'est vrai qu'il y a ces difficultés là. Je dirais qu'il faut faire les mises à jours de sécurité. Par contre faire des mises à jour de confort ou en tout cas les mises à niveau de confort, ce n'est pas utile. Après il y a des gens qui veulent absolument avoir des meilleures versions pour aller plus vite.

C'est qu'effectivement du coup ça va ralentir la machine, soit créer une incompatibilité, soit je ne peux plus installer certaines applications. En fait, la sobriété nous implique en tout cas de se passer d'un certain nombre de mises à jour sauf celles qui sont de sécurité évidemment.

Il y a des initiatives justement là dessus de séparer les mises à jour correctifs, de sécurité et les mises à jour évolutives. Il y a des pressions justement sur Apple et Android à ce sujet. Tu en sais un peu plus, où ça en est ?

C'est absolument important. Moi je ne peux pas en dire plus comme ça à l'instant mais c'est une vraie vraie question.

C'est à nous, utilisateurs, de mettre la pression sur les constructeurs.

Oui et il y a effectivement des associations et des ONG qui travaillent sur ces questions là qui font du lobbying dans le bon sens. Arriver à faire comprendre aux fabricants qu'ils changent leurs usages. En tout cas leurs habitudes.

Moi en tant que développeur je suis sensible là dessus. Justement ça fait des mois je ne mets plus à jour mon smartphone parce qu'il a 4 ans. Et je sais que si je le mets à jour, voilà. Et au dépend de la sécurité. Je préfère ne pas avoir un téléphone à jour en terme de sécurité mais au moins il fonctionne et j'allonge sa durée de vie. Ce n'est pas quelque chose à conseiller à tout le monde mais voilà c'est un choix que j'ai fait personnellement.

Quand tu parles de choix, c'est très juste, j'ai fait le même choix que toi.

Pareil pour les applications pas de mise à jour automatique.

J'ai fait le même choix que toi et j'ai fait même un choix peut être plus radical encore. Moi je n'ai pas d'applications c'est simple. J'ai fait le choix de ne pas en avoir.

Idem, je les ai quasiment toutes désinstallées.

Alors c'est vrai qu'après on ne peut pas forcément dire à tout le monde de le faire. On n'est pas forcément des modèles mais ça interroge les gens quand on en parle. Et puis moi j'ai envie d'aller un peu plus loin dans le sens où quand je dis que j'ai fait un choix pas d'applis, je cerne les sujets. Je n'ai pas d'applications des réseaux sociaux sur mon téléphone portable. Donc du coup les réseaux sociaux je les gère sur mon poste de travail. Et comme je travaille en journée je n'ai pas envie de me disperser dans tous les coins, du coup je suis sobre dans mes attitudes de réseaux sociaux.

Du coup le matin, pendant 10 minutes, j'ai mon petit moment sur tel ou tel réseaux sociaux et puis le soir quand je rentre tel ou tel autre. Mais du coup j'ai des moments précis. Quand on est totalement dispersé on ne sait plus où donner de la tête et c'est pour ça que j'ai vraiment pas voulu que ça soit sur mon mobile, je ne veux pas que ça m'accompagne partout.

À ce sujet, il y a l'initiative de la FING avec "Reset, Réinventer le numérique" justement qui parle de l'impact environnemental du numérique mais aussi l'impact social, l'accaparement du cerveau, l'addiction...

Alors moi ça m'intéresse au plus haut point. On en a discuté un tout petit peu avec justement avec Hugues Ferreboeuf du Shift Project qui m'a dit que leur prochain rapport aurait aussi de ce contenu là. Moi j'ai un discours effectivement qui rejoint ça c'est que je pense qu'en fait on peut faire d'une pierre deux coups, finalement avec la sobriété. D'ailleurs le terme sobriété fait penser aussi à "ébriété", son inverse, son contraire. Donc finalement si on veut tendre vers la sobriété, on peut lutter du coup avec les mêmes moyens contre la pollution environnementale et puis la pollution mentale. Donc tout ça pour quoi ? Pour arriver à finalement se libérer, avoir plus de sens dans la vie c'est pas mal quand même. Et puis tout simplement se libérer. Être libre. Je pense qu'on a tous envie d'être libres dans la vie et moi particulièrement avec l'âge, ça me donne encore envie de l'être de plus en plus. Et du coup moi lire un livre par exemple je me libère davantage que de passer tant d'heures, etc. Ceci dit je ne fais pas partie des gens qui ont eu vraiment beaucoup de pratique des réseaux sociaux. Je n'ai jamais été fasciné par ça. J'y vois un intérêt réel, d'outils, les outils de veille. C'est formidable à ce niveau là. En revanche à titre personnel, ça ne m'a jamais nourri.

Tu n'as jamais regarder des vidéos de chatons ?

Non justement je ne crois pas.

Tu disais, tu travaillais avec des jeunes, des adolescents qui baignent là dedans, ils ont toujours connu Internet. Ils sont nés avec Internet. Snapchat, c'est à longueur de journée alors que c'est de la vidéo, en 4G. Comment tu interviens auprès d'eux ?

Justement le streaming en 4G, on a justement l'occasion d'en parler avec eux. Quand je leur dis "d'après vous quelle est la pratique la pire ?". En général, on me répond "envoyer des mails ?". Non pas vraiment, ça c'est tout petit. Et puis on arrive au streaming. Le pire c'est de streamer avec son téléphone en 4G. Après, on peut streamer un peu moins mal, en ADSL à la maison. C'est déjà un peu mieux. Et si je stream pas tous les jours ? Peut être que je pourrais faire autre chose, soit mettre avec mes copains en live, en vrai, soit tout simplement faire autre chose, lire par exemple, sans être trop moralisateur

Tu parles de streaming mais je parlais des réseaux sociaux comme Snapchat. Est-ce que tu arrives à les convaincre à plus de sobriété ?

Les convaincre en une seule fois, certainement pas. On a des discussions avec eux. J'ai encore une adolescente à la maison donc c'est des discussions vraiment très très intéressantes par rapport à ça. Et non c'est très difficile de convaincre là dessus.

Mais au moins y a t-il une prise de conscience ?

Ma collègue a fait mémoire très intéressant à Dauphine il y a pas très longtemps. On a repris des études à Dauphine en développement durable et on s'est connue comme cela. Elle a donc fait un mémoire très intéressant autour des smartphones, des réseaux sociaux et la génération Z. Sa conclusion c'était qu'effectivement ils étaient assez conscient de ça, ça ne voulait pas dire qu'ils allaient changer quoi que ce soit mais qu'ils étaient conscients. quand elle leur pose des questions.

Je crois que ce sont des discussions qu'il faudrait avoir tous les jours tout le temps, que ce soit à la maison, à l'école évidemment. Le nerf de la guerre c'est l'école où on devrait faire des actions beaucoup plus que c'est vraiment là où ça se passe.

Les gamins ne discutent pas forcément tous à la maison. Et puis ils sont vraiment les bienvenus ici pour en discuter. On ne peut pas leur enlever des parties de la culture qu'ils ont. Je veux dire ça fait partie de leur vie. On peut juste leur expliquer qu'il y a des dangers en termes de sécurité. Nous ce n'est pas notre domaine mais il y a des gens pour leur dire ça.

Il y a vraiment des dangers d'addiction en terme de liberté. Moi ça me touche beaucoup parce que l'addiction, on peut la comprendre : l'addiction à la drogue, à l'alcool, à l'amour. L'addiction, elle même ce n'est jamais bon de la vivre. Et puis prendre conscience. La jeunesse, la génération actuelle, des jeunes, en tout cas des lycéens notamment, on voit bien avec le mouvement qui commence à prendre forme...

Tu parles de la grève du 15 mars par exemple ?

Oui, ce genre de choses. Youth for the Climate. Autour de la fameuse suédois, Greta. J'admire beaucoup les jeunes gens qui prennent leur avenir en main. Et là ils nous disent : vous les vieux là, vous avez tout faux. C'est à nous... we are in charge now. Je trouve ça génial.

Par contre, là où je vois un tout petit peu la difficulté il faut qu'on arrive à trouver la façon de leur parler. Autant ils sont conscients, ils seraient capables de suivre des mouvements comme ça et sont-ils capables au même moment de se dire Tiens moi je suis plus du pour avoir être ce type de smartphone peut être moins que je fasse ceci ou cela. Est ce qu'ils sont d'accord pour s'engager pour l'environnement et pour une meilleure vie et pour autant être sobres numériquement. C'est normal je dirais il faut de la maturité.

Quand j'ai découvert les bonnes pratiques j'étais loin du compte, j'étais très mauvais élève.

Il y a une méconnaissance...

Il y a une méconnaissance. Quand j'ai commencé à connaître les différents types de choses j'ai commencé à les faire mais par exemple typiquement, tu parlais des bonnes pratiques tout à l'heure, je vais t'en citer une, pas facile à faire et qui serait intéressante à faire vraiment c'est éteindre sa box internet le soir et quand on s'en va.

Moi je n'ai pas voulu le faire au début, ça m'énervait. Je trouvais lent à redémarrer. En fait je n'y voit que du feu maintenant.

On pourrait l'automatiser tout simplement ?

Si, il y a moyen de le faire. Il y a certaines box qu'on peut programmer pour tel jour, à telle heure.

Par contre la plupart du temps quand on propose cette pratique là, les gens râlent très vite : "elle va mettre des plombes et puis elle va faire une mise à jour au redémarrage".

On est dans un tel confort que le moindre inconfort prend des proportions...

Moi je me rends compte que la pression de ce confort là nous paralyse.

L'immédiateté... On n'a plus le temps d'attendre que la box se rallume.

En fait on n'a plus le temps d'attendre rien du tout. Est-ce que tu vois des gens qui acceptent maintenant de faire la queue quelque part ?

Si, la queue avec tout le monde le nez dans son téléphone.

Oui c'est vrai. Mais en tout cas, l'accélération du temps, l'immédiateté, le fait qu'on a tout partout, fait qu'on est complètement dispersé dans la tête. Quand je parlais de pollution mentale tout à l'heure que je voulais accrocher dans le cadre de la sobriété, c'était aussi qu'il y a vraiment des troubles de l'attention réelle et moi même je me rends compte. Je sais très bien que si je suis en train de travailler sur un truc que je vais regarder mais mail et les alertes, en même temps, on met 5 à 10 minutes à se remettre dans le truc. Dès qu'on est happé par quelque chose, le temps de se remettre sur un sujet se remettre sur l'ouvrage en question, ce n'est pas immédiat. Il y a un petit laps de temps.

Donc il faut qu'on fasse attention. J'y pense beaucoup à ça. C'est cette notion d'attention, d'attention mentale. Je fais un truc, faut que je fasse. Il faut être un peu monolithique. Quand les enfants me disent mais moi je sais faire tout tout en même temps, je suis multitâche. Je vois très souvent des gamins, ils ont un cahier sur les cuisses, ils corrigent leurs exercices, ils ont leur smartphone avec un SMS qu'ils sont en train de faire, éventuellement avec un Skype avec quelqu'un. Et puis évidemment ils ont le casque sur les oreilles avec la musique. Souvent ils ont trois ou quatre trucs en même temps, c'est un truc incroyable.

Je suis en train de lire des bouquins passionnants sur ces sujets là. Le cerveau n'est absolument pas capable de faire tout en même temps.

Revenons à Point de M.I.R., tu disais que tu intervenais auprès des entreprises. Est-ce que vous intervenez auprès de techniciens, de développeurs ?

Les seuls techniciens que j'ai eu, des étudiants techniciens supérieur informatique en alternance. Je leur avait proposé deux jours : état de l'art de l'impact environnemental du numérique sur une journée et le deuxième jour comment feriez vous en tant que technicien en tant que force de proposition en entreprise. On a fait des jeux de rôles pour voir ce qu'ils étaient capables de proposer parmi toutes les bonnes pratiques qu'ils avaient vu la veille et voir avec la RH, avec le service des achats, la DSI, comment ça pouvait causer ensemble et qu'on pouvait faire mieux avec mesure à l'appui. Par exemple on peut faire plus d'achats responsables. Je peux vous dire qu'il y a des labels, est ce que vous les connaissez ? On s'est rendu compte que les entreprises ne connaissaient très peu les labels d'informatique responsable. Donc ça consistait finalement à s'imaginer comment faire bouger la structure de l'entreprise dans un cadre de jeu de rôle.

Il y a toujours un sceptique dans les formations, une sorte de climato-sceptique ou un adepte de la théorie du complot, il y en a toujours un ou deux comme ça. Quel que soit le milieu, quel que soit l'âge, quelle que soit la génération.

Où est-ce qu'on peut vous voir, quelles sont vos prochaines actualités ?

On organise le premier festival du film numérique et environnement. Donc que sur la thématique d'un numérique plus responsable peut être. On va tous se poser la question en voyant ces films. C'est entrée libre, à la Cité des sciences et de l'industrie, les 13 et 14 avril sur Entrée libre, sur réservation. On peut voir huit documentaires qui touchent les trois étapes du cycle de vie et surtout la première : extraction / fabrication et la dernière fin de vie. Donc toute la partie déchets, poubelles du monde. Il y a un film qui n'a jamais été projeté en France, un film autrichien et qui fait le zoom sur la déchetterie électronique du Ghana, sur les 6000 personnes qui travaillent là bas, très jeunes et moins jeunes, c'est une vraie ville, c'est un vrai écosystème curieux où on récupère nos vieilleries, nos poubelles de chez nous.

Et puis après il y a beaucoup sur l'extraction tout court. En République démocratique du Congo, l'or au Pérou. Et il y aura donc au delà des 8 documentaires qui seront projetés il y aura quatre tables rondes.

Tables rondes sur quels sujets ?

Sur quatre sujets majeurs. Le premier c'est l'extrativisme : creuser jusqu'où et à quel prix ? Alors il y aura une sur l'obsolescence. Alors nous on n'a pas dit obsolescence programmée, exprès. L'intitulé à la table ronde, c'est "l'obsolescence dans tous ses états". De notre point de vue l'obsolescence programmée bien évidemment, c'est un vrai sujet actuel, notamment avec les actions, toute la partie juridique qui est en branle actuellement grâce à l'association Hop! (Halt à l'Obsolescence Programmée).

Je pense que si on parle que de l'obsolescence programmée ça cache l'obsolescence tout court c'est à dire celle culturelle, marketing bien sûr mais aussi l'obsolescence qui est la conséquence directe d'une méconnaissance de notre matériel. C'est à dire que quelqu'un qui ne maîtrise pas qui ne connaît pas sa machine, que ce soit son téléphone portable ou a fortiori son ordinateur. En tant que développeur je pense que tu dois être sans doute d'accord avec moi.

Si on ne connaît pas, si on n'en prend pas soin, si on n'a pas un minimum de connaissances, si on ne fait pas la confusion éternelle entre système d'exploitation et...

...Google ou moteur de recherche.

Système d'exploitation et logiciels tout simplement. Voilà. Système d'exploitation et machine ou la couche logicielle et autres. Hardware et Software c'est toujours confondu chez les gens. La connaissance de la machine n'est pas suffisante parce qu'on ne l'a jamais appris.

On n'est pas technicien. On s'est toujours dit qu'on n'avait pas besoin de connaître la machine. C'est un truc incroyable. Une machine, un ordinateur c'est sophistiqué. Il y a tellement de trucs dedans, c'est tellement complexe qu'on devrait tous avoir une base. Alors c'est la formatrice qui parle.

Tu dis du coup, il vaut mieux avoir une base plutôt que ce soit le logiciel qui s'adapte vraiment à tout le monde, au grand public ?

Moi je dirais que c'est un peu des deux. Moi je pense qu'il faut jamais se dire qu'il ne faut jamais savoir donc on a besoin d'avoir une base. Je pense que c'est absolument nécessaire. De même qu'il faut avoir une base quand on a une voiture. Si tu ne sais pas qu'il faut mettre de l'huile tous les x kilomètres, un peu d'eau dans le radiateur, qu'il faut regonfler les pneus... Il y a un minimum de choses à connaître sur une machine. Pas toujours installer des tas de machins dont on ne pas besoin dont on n'a pas besoin.

Qui sait désinstaller un logiciel actuellement en public ? Franchement peu de personne. Qui sait qu'il faut nettoyer un tout petit peu le disque peut être au moins une fois par mois. Qui sait aussi lutter contre les Adware ?

Donc il y a plein de choses à faire c'est ce dont on parle dans nos ateliers c'est extrêmement concret. Voilà vous avez besoin de faire un entretien il faut faire un peu l'homme de ménage, la femme de ménage, une fois par mois.

Tu parlais de Hop, de quoi il s'agit ?

Alors Hop, pour Halte à l'obsolescence programmée. C'est une association qui comme son nom l'indique souhaite lutter contre l'obsolescence programmée.

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