Toi, tu creuses.

Newsletters > n°16 envoyée le 10/04/2024

La newsletter green, super green

Coucou les amishs, une newsletter un peu spéciale car un méga évènement approche, proposé par le consortium international Point de MIR + Techologie. C’est le samedi 4 mai à Paris et on vous dit tout.

Évènement exceptionnel : La réalité minière du numérique, rencontre avec Celia Izoard

La réalité minière, rencontre avec Celia Izoard le 4 mai 2024 à 15h à la Halle Pajol, 20 esplanade Nathalie Sarraute, 75018 Paris

Rencontre avec Celia Izoard le samedi 4 mai à 15h à Paris organisée par l’association Point de MIR – Maison de l’Informatique plus Responsable et animée par Richard Hanna du podcast Techologie.

S’inscrire

L'entretien

Photo portrait de Bela Loto

Bela Loto de Point de MIR nous en dit plus sur cet évènement avec Celia Izoard, l’autrice de la Ruée minière au XXIè siècle.

Comment as-tu connu Celia Izoard ?

J'ai croisé sa route en 2015 en découvrant l'ouvrage La machine est ton Seigneur et ton maître dont elle est co-autrice puis en lisant Merci de changer de métier et enfin très récemment La ruée minière au XXIe siècle. J'avais également lu le numéro de la revue Z sur la Guyane et la montagne d'or ainsi que ses articles dans Reporterre.

La machine est ton seigneur et ton maître m'a beaucoup inspiré et notamment il y a quelques mois la réalisation d'un podcast documentaire sur Foxconn intitulé Les ombres chinoises de la Silicon Valley, le texte étant issu de l'ouvrage de Celia Izoard.

Pourquoi organiser un évènement sur les liens entre le numérique et l’extraction minière ?

Au sein de Point de MIR, nous avons très vite compris le problème des ressources abiotiques métalliques nécessaires au numérique et les désastres environnementaux et humains que représentent la mine.

La défense des droits humains dans l'électronique constitue un axe fort de Point de MIR où nous réfléchissons désormais à une solide stratégie de plaidoyer. Nous avons pu être présentes et présents en Indonésie en novembre dernier pour rencontrer des travailleurs et travailleuses de l'électronique et des exploitations minières.

Celia Izoard abordera le 4 mai des sujets tels que l'extractivisme et le capitalisme, l'exploitation minière et les conséquences de notre appétit insatiable pour les ressources naturelles. Occasion de réaliser une fois de plus pour certains et certaines que nous n'avons jamais autant exploiter de métaux et nous sommes même en train d'en extraire davantage.

Pourquoi l’extraction minière qui semblait être une industrie du passé revient en force dans l’actualité en se présentant comme une industrie salvatrice ?

Celia Izoard nous expliquera que ce niveau d'extractivisme sans précédent s'est vu doté d'une nouvelle justification : fournir les métaux nécessaires à la transition bas carbone.

Le pillage des ressources naturelles, initié à l'époque coloniale, s'est perpétué sous une nouvelle forme, celle d'une reconquête : extraction des ressources naturelles des pays du Sud pour le profit des pays du Nord sans considération aucune pour les conséquences sociales et environnementales.

La demande de métaux pour l'ensemble des technologies numériques a explosé. En reprenant les mots de notre invitée du 4 mai, la formule Green and Digital est un prodige de manipulation. Nous verrons ensemble qu'il faudra, et qu'il faudrait, d'urgence amorcer une décroissance métallique qui elle-même nécessite un changement de modèle économique.

Retrouvez cet entretien avec Bela Loto en audio sur Linkedin

S’inscrire à la rencontre du 4 mai avec Celia Izoard

1024 nuances de green

Matérialité du numérique et externalités minières

Pour écrire son livre Ruée minière au XXIè siècle, Celia Izoard a notamment travaillé avec l’association Systext (Systèmes extractifs et Environnements) et sa représentante, l’ingénieure géologue minier Aurore Stéphant, spécialisée dans les risques environnementaux et sanitaires de l'industrie minière. Au micro de Techologie, nous avions discuté de ce qu'est l'industrie minière et les particularités liés aux métaux nécessaires au numérique. Extrait :

« L'innovation n'a de sens que si elle sert la société pour que la société devienne meilleure. Je n'accepte que cette définition de l'innovation. La personne qui rentre chez elle et qui dit "lumière rose" et obtient de la lumière rose, mais vous voyez où est-ce qu'on en est rendu ? Enfin moi, je m'énerve parce que je sais ce que ça représente en termes humain, social et environnemental et qu'on n'a pas le droit, on a une responsabilité collective ».

Découvrir ou redécouvrir l’entretien avec Aurore Stéphant

Témoignage de la réalité minière

Photo portrait de David Maenda Kithoko

Le 4 mai lors de la rencontre avec Celia Izoard, nous aurons un témoignage, celui de David Maenda Kithoko qui nous parlera des conséquences locales et coloniales de l'activité extractiviste. David est originaire de la République Démocratique du Congo et réfugié politique en France. Il a cofondé Génération Lumière, une association écologiste et de solidarité internationale qui agit en France et dans la région des Grands Lacs en Afrique de l'Est. Avec son association, il sensibilises sur les liens entre numérique, colonialisme, conflits, minerais de sang et viols des femmes en République Démocratique du Congo et plus largement en Afrique. Extrait :

« On a ces discours sur les migrants qui envahissent la France et ces personnes qui tiennent ces discours ont un bout de notre histoire dans leurs poches. Je parle des smartphones évidemment. Le fait que ces personnes là ne voient pas un lien entre ma présence en France et l'outil qu'elles utilisent régulièrement, en me traitant de d'envahisseurs, est pour le moins culotté ».

David Maenda Kithoko nous avait apporté déjà son témoignage au micro de Techologie.

Digital Geniusness des records

Et si un livre des records numériques existait, ça donnerait quoi ?

Prenez et barrez-vous

Just walk out : how it works ? Enter the store with your card or by hovering your palm over an Amazon One device. Shop the store and grab all you need from the shelves. Go without shopping to checkout. And "Purchas controlled by iver 1000 indian workers"

Communication presqu’officielle d’Amazon.

C’était la promesse d’Amazon avec sa technologie « Just walk out » dans ses magasins sans caisses, ni caissiers avec des charriots ultra-connectés et des caméras boostés à l’intelligence artificielle. Et bien, c’est fini. Car la big tech de Jeff Bezos, faute de vendre cette technologie à d’autres supermarchés, jette l’éponge et retire cette technologie de ses magasins. Pire, on apprend, sans surprise que derrière la caméra, ne s’agitaient pas uniquement que des algorithmes, mais aussi plus de 1000 travailleurs indiens sans doute payés au lance-pierre.

La numérisation des services publics, quel impact sur la précarité ?

À l’heure où la pauvreté et les inégalités en France ne cessent d’augmenter et que 5,3 millions de personnes vivent avec moins de 965€ par mois, le taux de personnes éligibles à une prestation sociale qui ne font pas la demande pour en bénéficier ne diminue pas. Ce "non-recours" est particulièrement élevé pour le revenu de solidarité active (RSA) pour des personnes sans activité. Il est de 34% d’après la Direction de la recherche, des études, de l’évaluation et des statistiques (DREES) alors qu’il était de 36% en 2010.

En 2017, la demande pour la mise en place du service en ligne pour effectuer les démarches pour bénéficier du RSA a été validée par la CNIL. Ce téléservice, poussé par le gouvernement de François Hollande depuis 2012, devait permettre de tendre vers une résorption de non-recours. Pourquoi et comment l’État français a échoué dans la réduction du taux de non recours ? Est-ce que cet échec était prévisible ? Quels enseignements pouvons-nous en tirer ?

Avec cet article proposé par Thomas Lemaire, nous inaugurons un nouveau contenu sur Techologie, les contributions de la communauté.

Lire l’article La numérisation des services publics, quel impact sur la précarité ?

Greenwashing, greenwashing, you rince it 3 times, you smell, it smells like a flower

Une enfant dans une chambre au style futuriste avec des tas d'objets connectés. Un message est affiché : "à toi qui n'es pas encore né, l'Andra travaille déjà pour toi."

L'Andra, l’agence nationale pour la gestion des déchets radioactifs nous offre une campagne pourrie au style futuriste dont le goût est douteux... Futur qui n'adviendra sans doute pas, on l’espère. Tout cela pour valoriser ces travailleurs de l’ombre qui chaque jour se lèvent pour enfouir correctement nos déchets nucléaires pour que nos futurs enfants puissent vivre dans un monde très artificiel. Glauque.

À déguster avec modération sur le site de l’Andra (âmes sensibles, s’abstenir)

Avant de se quitter

C’est tout pour cette fois. N’oubliez pas de vous inscrire à la rencontre du 4 mai avec Celia Izoard ! Bisous et à bientôt !

N'imprimez cette newsletter que pour vérifier les buses et l’alignement de la tête d’impression.

Si vous avez aimé, partager ! Et pour soutenir Techologie, comme le disais Enrico Macias : Donnez, donnez, donnez !*

S'inscrire à la newsletter sur linkedin